
Ce que deux écoles de commerce m’ont appris sur la communication
Aujourd’hui, en aidant un client à préparer une présentation professionnelle, je me suis souvenue de mes premiers cours de Business English dans deux écoles de commerce parisiennes.
À l’époque, je pensais que le plus difficile serait de prendre la parole devant une classe de vingt-cinq étudiants, parfois davantage, et d’animer un cours pendant plusieurs heures.
Habituée jusque-là aux cours individuels et aux échanges en petit comité, je voyais cette expérience comme une véritable prise de parole en public.
J’ai pourtant très vite compris que ce n’était pas le principal défi.
Le plus difficile n’était pas de parler devant le groupe, mais de capter son attention et de la maintenir tout au long du cours.
Ce qui m’a le plus frappée, c’est à quel point deux groupes d’étudiants pouvaient être différents.
Dans une école, les étudiants participaient activement, posaient des questions et s’impliquaient volontiers dans les activités proposées.
Dans l’autre, la dynamique était tout autre. Certains consultaient leur téléphone pendant le cours. D’autres semblaient occupés à autre chose. Et un jour, en ouvrant une session Zoom, je me suis retrouvée face à vingt-cinq caméras éteintes.
Au début, je pensais qu’il fallait simplement mieux expliquer le contenu.
Puis j’ai compris que le problème ne venait pas tant de ce que je présentais que de la manière dont les étudiants étaient invités à y participer.
J’ai progressivement modifié le format de mes cours : jeux de rôle, travail en binômes ou en petits groupes, études de cas, salles de sous-groupes sur Zoom et exercices pratiques courts.
Très vite, l’ambiance des cours a changé. Les étudiants s’impliquaient beaucoup plus volontiers lorsqu’ils devenaient acteurs du cours plutôt que simples auditeurs.
Cette expérience m’a fait comprendre quelque chose que je retrouve encore aujourd’hui dans mon travail avec mes clients.
Nous accordons souvent beaucoup d’attention au contenu : les faits, les arguments, la structure de l’intervention ou les supports visuels.
Mais qu’il s’agisse d’un cours, d’une présentation, d’une négociation ou d’une réunion, l’attention des autres ne naît pas automatiquement du simple fait que nous maîtrisons notre sujet.
Le véritable défi n’est pas seulement d’avoir quelque chose à dire.
C’est de donner aux autres l’envie d’écouter, de réagir et de participer à l’échange.
C’est peut-être là que se situe la différence entre connaître son sujet et savoir communiquer avec les personnes auxquelles on s’adresse.
Car la communication ne concerne pas uniquement celui qui parle.
Elle dépend aussi de ceux qui écoutent — et de notre capacité à les faire entrer dans la conversation.